La calligraphie et l'enluminure

Art de l'écriture


C'est un travail de précision, avec des outils nobles et délicats : plumes d'oiseaux taillées ou plumes métalliques, calames en bambou et roseau, pinceaux. Il développe la motricité fine. Il demande à s'assurer de l'équilibre du caractère, de la délicatesse et la souplesse des courbes, de la netteté et la force des lignes droites, de bien différencier les traits fins et épais, le contraste du plein et du vide... Pour tout cela, il faut bien connaître et choisir le matériel : qualité du papier, parchemin ou papyrus, qualité des encres classiques, végétales ou acryliques, et apprendre à bien doser l'encre sur le pinceau qui charge la plume.

Le mouvement se fait d'un trait et sans hésitation, comme dans un souffle.


Art de la concentration totale, la calligraphie favorise la profonde sérénité, la présence à soi. Elle conduit à se recentrer et se rassembler intérieurement. C'est une pratique structurante. Spirituellement, elle exprime l'harmonie de notre âme, la discipline de notre personnalité, l'ordre dans nos pensées.

Calligraphies hébraïques, arabes, maghrébines, latines, chinoises... Au Japon, c'est un art martial : sûreté du geste, maîtrise du souffle, faire « un » avec le pinceau – aucune place à l'inquiétude. En quelques secondes, un maître calligraphe réalise une œuvre.

Au moyen-âge en Occident, les calligraphies qu’exécutaient les moines copistes en copiant les textes sacrés les ont conduit à créer les enluminures, pour les illustrer.
C'est un travail sensiblement différent. Les supports sont les mêmes, les techniques et le matériel d'application diffèrent : crayons, pinceaux, peintures et dorures, (or, pigments, liants).

Ces pratiques sont excellentes pour s'initier au grand art de la patience, de la maîtrise, de l'implication et de la concentration ; elles mobilisent l'attention et apaisent. A l'inverse, elles ne conviennent pas aux personnes facilement agacées, impulsives, impatientes et rebelles à toute forme de discipline.